Introduction à l'économie

...et aux idées pour la comprendre

Ce site est le support à l'enseignement dispensé en L1 Économie à l'Université de Paris (Diderot) par Christophe DARMANGEAT. Il ne remplace en aucune manière le cours lui-même, ni la lecture attentive de certains ouvrages, dont ceux conseillés en bibliographie. Selon la formule consacrée, les propos qui y figurent n'engagent que la responsabilité de leur auteur.

La page des citations
Cette page regroupe un certain nombre de citations, dont certaines sont mentionnées dans le cours d'amphi, d'autres figurent dans les dossiers de TD. Prises isolément, ces citations ne sont pas toujours très explicites, et ne rendent pas compte de la richesse des raisonnements qu'elles illustrent. Elles présentent néanmoins en quelques mots - et surtout, dans les mots de leurs auteurs eux-mêmes, certains éléments particulièrement célèbres, significatifs, ou méconnus, de leur pensée.
Thomas d’AQUIN (1225 - 1274)
Sur le profit du commerçant :
« La loi humaine régit une société dont beaucoup de membres n’ont guère de vertu ; or, elle n’a pas été faite seulement pour les gens vertueux. La loi ne peut donc réprimer tout ce qui est contraire à la vertu, elle se contente de réprimer ce qui tendrait à détruire la vie en commun, on peut dire qu’elle tient tout le reste pour permis, non qu’elle l’approuve, mais elle ne le punit pas. C’est ainsi que la loi, n’infligeant pas de peine à ce sujet, permet au vendeur de majorer le prix de sa marchandise et à l’acheteur de l’acheter moins cher, pourvu qu’il n’y ait pas de fraude et qu’on ne dépasse pas certaine pas certaines limites. Mais rien de ce qui est contraire à la vertu ne reste impuni au regard de la loi divine. »
ARISTOTE (-384 - -322)
Sur les esclaves... et les femmes :
« D'une part les animaux domestiques sont d'une nature meilleure que les animaux sauvages, d'autre part, le meilleur pour tous est d'être gouvernés par l'homme car ils y trouvent leur sauvegarde. De même, le rapport entre mâle et femelle est par nature un rapport entre plus fort et plus faible, c'est-à-dire entre commandant et commandé. Il en est nécessairement de même chez tous les hommes. Ceux qui sont aussi éloignés des hommes libres que le corps l'est de l'âme, ou la bête de l'homme (et sont ainsi faits ceux dont l'activité consiste à se servir de leur corps, et dont c'est le meilleur parti qu'on puisse tirer), ceux-là sont par nature des esclaves; et pour eux, être commandés par un maître est une bonne chose. »
« Chez l’homme, le courage est une vertu de commandement, et chez la femme une vertu de subordination »
Sur la théorie de la valeur, le travail et l'utilité (déjà !) :
« Soit par exemple un architecte, un cordonnier, une maison et une chaussure : il faut faire en sorte que l’architecte reçoive du cordonnier le produit du travail de ce dernier, et lui donne en contrepartie son propre travail. Si donc tout d’abord on a établi l’égalité proportionnelle des produits et qu’ensuite seulement l’échange réciproque ait lieu, la solution sera obtenue ; et faute d’agir ainsi, le marché n’est pas égal et ne tient pas, puisque rien n’empêche que le travail de l’un n’ait une valeur supérieure à celui de l’autre, et c’est là ce qui rend une péréquation préalable indispensable. (...) C’est pourquoi toutes les choses faisant objet de transaction doivent être d’une façon quelconque commensurables entre elles. (...) Il doit donc y avoir entre un architecte et un cordonnier le même rapport qu’entre un nombre déterminé de chaussures et une maison (ou telle quantité de nourriture), faute de quoi il n’y aura ni échange ni communauté d’intérêts ; et ce rapport ne pourra être établi que si entre les biens à échanger il existe une certaine égalité. Il est donc indispensable que tous les biens soient mesurés au moyen d’un unique étalon, comme nous l’avons dit plus haut’. Et cet étalon n’est autre, en réalité, que le besoin qui est le lien universel »
Francis BACON (1561-1626)
Une magnifique formule sur la monnaie :
« La monnaie est la vie du commerce, l’esprit vital des échanges ; comme le fumier, elle n’est bonne à rien si ce n’est à être répandue. »
Jean BODIN (1529-1596)
Sur le commerce international :
« il n'y a personne qui gagne qu'un autre n'y perde »
Pierre de BOISGUILLEBERT (1646-1714)
Sur l'argent et la théorie mercantiliste :
« Il est certain que l’argent n’est pas un bien de lui-même et que sa quantité ne fait rien pour l’opulence d’un pays en général... L’argent n’est que le moyen et l’acheminement, au lieu que les denrées utiles à la vie sont la fin et le but. »
« Il est aisé de voir que pour faire beaucoup de revenu dans un pays riche en denrées, il n’est pas nécessaire qu’il y ait beaucoup d’argent, mais seulement beaucoup de consommation, un million faisant plus d’effet de cette sorte que dix millions lorsqu’il n’y a point de consommation ; parce que ce million se renouvelle mille fois, et fera pour autant de revenu à chaque pas, tandis que les dix millions restés dans un coffre ne sont pas plus utiles à l’État que si c’étaient des pierres. »
Richard CANTILLON (1680-1734)
Sur la théorie de la valeur :
« Le travail du plus vil esclave vaut au moins et correspond à la quantité de terre que le propriétaire est obligé d’employer pour sa nourriture et ses commodités nécessaires »
Jean-Baptiste COLBERT (1619–1683)
Sur le commerce international :
« Le commerce est une guerre entre les entreprises et les industries de toutes les nations. Elle est conduite par 20 000 navires... »
« On ne peut augmenter l’argent dans le royaume qu’en même temps que l’on en ôte la même quantité dans les États voisins. »
Sur la nécessité du travail des enfants :
« L’oisiveté des premières années est la source des désordres du reste de la vie. »
Gérard DEBREU (1921-2004)
Sur la théorie économique :
« La supériorité du libéralisme est scientifiquement démontrée. »
Friedrich ENGELS (1820-1895)
Sur le matérialisme historique :
« (...) l'histoire se fait de telle façon que le résultat final se dégage toujours des conflits d'un grand nombre de volontés individuelles, dont chacune à son tour est faite telle qu'elle est par une foule de conditions particulières d'existence ; il y a donc là d'innombrables forces qui se contrecarrent mutuellement, un groupe infini de parallélogrammes de forces, d'où ressort une résultante – l'événement historique – qui peut être regardée elle-même, à son tour, comme le produit d'une force agissant comme un tout, de façon inconsciente et aveugle. Car, ce que veut chaque individu est empêché par chaque autre et ce qui s'en dégage est quelque chose que personne n'a voulu. »
Frank HAHN (né en 1925)
Sur la théorie de l'équilibre générale... et d'autres (suivez mon regard !) :
« [la théorie de l’équilibre général] devrait certainement renoncer à la prétention de fournir des descriptions nécessaires de l’état final des processus économiques (…) [mais elle est utile] pour réfuter toutes sortes de points de vue politiques mal fondés »
Stanley JEVONS (1835-1882)
Contre la théorie de la valeur-travail :
« C’est un fait que le travail, une fois qu’il a été dépensé, n’a pas d’influence sur la valeur future d’un objet : il a disparu et est perdu pour toujours. Dans le commerce (...) nous devons toujours partir de zéro à chaque moment et payer les valeurs des choses en considérant leur utilité future. »
Sur la théorie du consommateur :
« Il est possible de traiter les plaisirs et les peines de la même manière que les quantités positives et négatives sont traitées dans l’algèbre. »
Sur la lutte des classes :
« Le conflit que l’on suppose entre le travail et le capital est imaginaire. Le conflit réel est entre les producteurs et les consommateurs. »
Nicholas JOHANNSEN (1844-1928)
Sur l'égalité de l'épargne et de l'investissement :
« Ce que l’on décrit simplement comme le processus de l’épargne est formé, en réalité, de deux éléments séparés, d’une part ce qui constitue vraiment le processus de l’épargne, c’est-à-dire le fait de mettre de l’argent de côté, et d’autre part le processus de l’investissement, au moyen duquel le nouvel équipement est construit... Beaucoup de nos économistes admettent, comme l’épargne et l’investissement vont la main dans la main, et même forment dans une certaine mesure un seul et même processus, et comme le résultat de ces activités combinées est hautement avantageux pour la communauté, que le processus de l’épargne doit en lui-même être considéré comme socialement avantageux... Cette hypothèse ne correspond pas aux faits »
« Dans un premier stade, le processus de l’épargne est toujours accompagné par une tendance néfaste, puisque l’épargnant cherche constamment à acheter à la communauté moins de biens et de services qu’il ne lui en vend et ainsi détruit l’équilibre de l’offre et de la demande. Cet équilibre est restauré seulement par l’investissement... »
John Maynard KEYNES (1883-1846)
Sur sa Théorie Générale :
« Une économie monétaire est essentiellement une économie où la variation des vues sur l’avenir peut influer sur le volume actuel de l’emploi »
Sur la fixation du taux d'intérêt :
« Dans la théorie classique du taux de l’intérêt, les variables indépendantes sont la courbe de la demande de capital et l’influence du taux de l’intérêt sur le montant de l’épargne issue dun revenu donné... A vrai dire, la théorie classique n’a pas pris conscience du rôle joué par les variations du revenu, ni de la possibilité que le montant du revenu dépende effectivement du flux d’investissement. »
Sur le capitalisme en tant que système :
« Je pense que le capitalisme, sagement aménagé, peut être rendu probablement plus efficient pour atteindre les fins économiques que tout système alternatif pour l’instant, mais je pense que ce système était, à bien des égards, extrêmement critiquable. »
Sur le marxisme :
« Comment pourrais-je adopter une doctrine qui, préférant l’ivraie au bon grain, exalte le prolétariat grossier au-dessus de la bourgeoisie et de l’intelligentsia qui, quelles que soient leurs fautes, sont le sel de la terre et portent les germes de tout progrès humain ? »
« Je peux être influencé par ce qui me paraît représenter la justice et le bon sens ; mais la guerre des classes me trouvera du côté de la bourgeoisie instruite. »
Thomas Robert MALTHUS (1766-1834)
Sur la loi de Say :
« Il n’est pas du tout vrai, dans les faits, que des produits soient toujours échangés contre d’autres produits. La plus grande partie des produits s’échange contre du travail productif ou des services personnels ; et il est clair que cette masse de produits, comparée au travail contre lequel elle doit être échangée, peut baisser de valeur par l’effet de sa surabondance »
Sur la loi de la population :
« Nous pouvons tenir pour certain que lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doublant tous les 25 ans, et croît de période en période selon une progression géométrique. »
Sur l'origine de la rente :
« Le prix du produit (...) doit être à peu près égal au coût de production sur la terre de la moins bonne qualité effectivement utilisée (...) Il en résulte que le prix du produit (...) est fixé (...) au prix nécessaire pour obtenir le montant effectif du produit, bien que la plus grande partie, de loin, soit vendue à un prix très supérieur à ce qui est nécessaire à sa production (...). »
Sur le pauvre qui n'arrive pas à nourrir ses enfants :
« Livrons donc cet homme coupable à la pein eprononcée par la nature. Il a agi contre la voie de la raison qui lui a été clairement manifestée. Il ne peut accuser personne et doit s'en prendre à lui-même si l'action qu'il a commise a pour lui des suites fâcheuses. L'accès à l'assistance des paroisses doit lui être fermé. Et si la bienfaisance privée lui tend quelque secours, l'intérêt de l'humanité requiert impérieusement que ces secours ne soient pas trop abondants. Il faut qu'il sache que les lois de la Nature, c'est à -dire les lois de Dieu, l'ont condamné à vivre péniblement, pour le punir de les avoir violées. »
Sur les pauvres en général :
« Les travailleurs modestes, pour parler familièrement, semblent toujours tirer le diable par la queue. Leurs désirs du moment accaparent toute leur attention, et ils pensent rarement à l’avenir. Même lorsqu’ils ont l’occasion d’épargner, ils la mettent rarement à profit, et tout ce qui va au-delà de leurs besoins immédiats part généralement au débit de boisson. »
« Il n'est pas au pouvoir des riches de fournir aux pauvres de l'occupation et du pain, en conséquence les pauvres, par la nature même des choses, n'ont aucun droit à leur en demander »
« Peut-être les classes inférieures de la population européenne seront-elles dans le futur mieux instruites qu’elles ne le sont à présent ; peut-être auront-elles appris à mieux employer leur maigre temps libre qu’à se rendre au débit de boisson ; peut-être vivront-elles sous des lois meilleures et plus juste que ce ne fut le cas jusqu’à présent, sans doute, en aucun pays ; et je conçois même qu’il soit possible - même si ce n’est guère probable - qu’elles aient davantage de loisir ; il n’est pas dans la nature des choses qu’on leur donne suffisamment d’argent ou de subsistance pour leur permettre de se marier jeune, pleinement confiantes dans leur capacité à entretenir avec aisance une famille nombreuse. »
« Il apparaît qu’en raison des lois impérieuses de la nature, certains êtres humains doivent souffrir du besoin. Ce sont des personnes malchanceuses qui, à la grande loterie de la vie, ont tiré un billet perdant. »
Alfred MARSHALL (1842-1924)
Sur la consommation et l'épargne :
« Lorsque quelqu'un cherche à obtenir une satisfaction immédiate au moyen des marchandises ci des services qu'il achète, on dit qu'il dépense. Lorsqu'il fait affecter le travail et les marchandises qu'il achète à la production de biens dont il espère tirer le moyen de pourvoir ultérieurement à ses satisfactions, un dit qu’il épargne. »
Karl MARX (1818-1883)
Sur le matérialisme historique :
« dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s'élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience. »
Sur l'idéologie :
« À toute époque, les idées de la classe dominante sont les idées dominantes ; autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est en même temps la puissance spirituelle dominante. »
Sur les différents mode de production :
« Seule la forme sous laquelle [le] surtravail est extorqué au producteur immédiat, l'ouvrier, distingue les formations sociales économiques, par exemple la société esclavagiste de celle du travail salarié. »
« À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique. Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de production sociale (…) Cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achève donc la préhistoire de la société humaine. »
Sur la naissance du capitalisme :
« La découverte des contrées aurifères et argentifères d'Amérique, l'extermination et l'asservissement de la population indigène, son ensevelissement dans les mines, les débuts de la conquête et du sac des Indes orientales, la transformation de l'Afrique en garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà de quoi est faite l'aurore de l'ère de la production capitaliste. »
Sur ce que l'on n'appelait pas encore la mondialisation :
« Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l'adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n'emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. »
Sur la théorie de la valeur-travail :
« Le travail est la substance et la mesure des valeurs, mais il n’a lui-même aucune valeur »
Sur le capital :
« Le capital est du travail mort, qui ne s'anime qu'en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d'autant plus vivant qu'il en suce davantage. »
Sur la loi de Say :
« A un moment donné, l’offre pour toutes les marchandises peut excéder la demande pour toutes les marchandises parce que la demande pour la marchandise générale, la monnaie, la valeur d’échange, est plus grande que la demande pour toutes les marchandises particulières. »
« La difficulté de convertir la marchandise en argent, de vendre, provient simplement de ce que la marchandise doit être convertie en argent, tandis que l’argent n’a pas besoin d’être converti aussitôt en marchandise, autrement dit, de ce que la vente et l’achat peuvent être dissociés. Nous avons dit que cette forme renferme la possibilité de la crise, c’est-à-dire la possibilité que des moments qui vont ensemble et sont inséparables se dissocient, et doivent être réunis par la force. »
Sur le capitalisme et le communisme :
« Le capitalisme contribue au progrès de la civilisation en ce qu'il extrait ce surtravail par des procédés et sous des formes qui sont plus favorables que ceux des systèmes précédents (esclavage, servage, etc.) au développement des forces productives, à l'extension des rapports sociaux et à l'éclosion des facteurs d'une culture supérieure. Il prépare ainsi une forme sociale plus élevée, dans laquelle l'une des parties de la société ne jouira plus, au détriment de l'autre, du pouvoir et du monopole du développement social, avec les avantages matériels et intellectuels qui s'y rattachent, et dans laquelle le surtravail aura pour effet la réduction du temps consacré au travail matériel en général. »
Carl MENGER (1840-1921)
Sur la théorie de la valeur :
« Ainsi, la valeur n’est pas inhérente aux biens, elle n’en est pas une propriété ; elle n’est pas une chose indépendante qui existe en soi. C’est un jugement que les sujets économiques portent sur l’importance des biens dont ils peuvent disposer pour maintenir leur vie et leur bien-être. Il en résulte que la valeur n’existe pas hors de la conscience des hommes. »
Ludwig von MISES (1881-1973)
Sur le libéralisme... et ses ennemis :
« Il est important de comprendre que le fascisme et le nazisme étaient des dictatures socialistes. »
Antoine de MONTCHRESTIEN (1575-1621)
Sur les métaux précieux :
« ce n’est point l’abondance d’or et d’argent, la quantité de perles et de diamants, qui fait les États riches et opulents ; c’est l’accommodement des choses nécessaires à la vie et propres au vêtement »
« Nous ne vivons pas tant par le commerce des éléments que par l’or et l’argent ; ce sont deux grands et fidèles amis. »
« Il faut de l’argent, et n’en ayant point de notre cru, il faut en avoir des étrangers. »
Sur les conquêtes coloniales :
« Il ne faut point douter qu’outre la bénédiction de Dieu, qui viendrait à ce grand et puissant État pour des entreprises si pieuses, si justes et si charitables... il s’ouvrirait par ce moyen, tant ici que là-bas, de grandes et inépuisables sources de richesses. »
Thomas MORE (1478-1535)
Sur les enclosures :
« La noblesse et la valetaille ne sont pas les seules causes des brigandages qui vous désolent ; il en est une autre particulière à votre île.
- Et quelle est-elle ? dit le cardinal
- Les troupeaux innombrables de moutons qui courent aujourd’hui toute l’Angleterre. Ces bêtes si douces, si sobres partout ailleurs, sont chez vous tellement voraces et féroces qu’elles mangent même les hommes et dépeuplent les campagnes, les maisons et les villages »
« Ainsi, un avare affamé enferme des milliers d’arpents dans un même enclos ; et d’honnêtes cultivateurs sont chassés de leurs maisons, les uns par fraude, les autres par la violence, les plus heureux par une suite de vexations et de tracasseries qui les forcent à cendre leurs propriétés (...) Ils vendent à vil prix ce qu’ils ont pu emporter de leurs effets, marchandises dont la valeur est déjà bien peu de chose. Cette faible ressource épuisée, que leur reste-t-il ? Le vol, et puis la pendaison dans les formes. »
Sur l'île communiste d'Utopie :
« Pourquoi refuser quelque chose à quelqu’un puisque tout existe en abondance et que personne ne craint que le voisin demande plus qu’il ne lui faut ? Car pourquoi réclamer trop, alors que l’on sait que rien ne sera refusé ? Ce qui rend avide et rapace, c’est la terreur de manquer »
« Partout ailleurs, ceux qui parlent d’intérêt général ne songent qu’à leur intérêt personnel ; tandis que là où on ne possède rien en propre tout le monde s’occupe sérieusement de la chose publique, puisque le bien particulier se confond réellement avec le bien général... »
William PETTY (1623-1687)
Sur la valeur-travail :
« La cherté et le bon marché naturels dépendant du plus ou moins grand nombre de bras requis pour les produits nécessaires à la vie : le blé, par exemple, est meilleur marché là où un homme peut en produire pour dix que là où il ne peut en produire que pour cinq. »
« Tout devrait être évalué d’après deux dénominations naturelles qui sont : la terre et le travail. Par exemple, nous devrions dire qu’un vaisseau ou un vêtement valent telle mesure de terre ou telle mesure de travail, attendu que vaisseaux et vêtements sont des produits des terres et du travail humain dépensé. »
« Le travail est le père et le principe actif de la richesse, et la terre en est la mère »
Pierre Samuel du PONT de NEMOURS (1739-1817)
Sur la science économique :
« La science économique n'étant autre chose que l'application de l'ordre naturel au gouvernement des sociétés, est aussi constante dans ses principes et aussi susceptible de démonstration que les sciences physiques les plus certaines »
François QUESNAY (1694-1774)
Sur la théorie de la valeur (agriculture vs. industrie) :
« Les travaux de l’agriculture dédommagent des frais, payent la main d’œuvre de la culture, ; procurent des gains aux laboureurs et de plus ils produisent les revenus des bien-fonds. Ceux qui achètent les ouvrages d’industrie payent les frais, ma main d’œuvre et le gain des marchands ; mais cers ouvrages ne produisent aucun revenu au-delà. »
« ...que le souverain et la nation ne perdent jamais de vue que la terre est l'unique source des richesses, et que c'est l'agriculture qui les multiplie. »
Sur la monnaie et la théorie de la valeur :
« L’argent n’est pas la véritable richesse d’une nation, la richesse qui se consomme ou qui renaît continuellement, car l’argent n’engendre que l’argent. Un écu bien employé peut à la vérité faire naître une richesse de deux écus, mais c’est la production et non pas l’argent qui est multipliée. »
Sur le libéralisme :
« Le dauphin : 'que feriez vous si vous étiez roi ?'
Quesnay : 'Monsieur, je ne ferais rien' »
David RICARDO (1772-1823)
Sur la rente :
« la rente n’est pas un constituant du prix des marchandises. »
« le blé n’est pas cher parce qu’une rente est payée, mais une rente est payée parce que le blé est cher. »
Sur la théorie de la répartition :
« Le produit de la terre, c'est-à-dire tout ce que l'on retire de sa surface par l'utilisation conjointe du travail, des machines et du capital, est réparti entre trois classes de la communauté : les propriétaires de la terre, les détenteurs du fonds ou capital nécessaire à son exploitation, et les travailleurs qui la cultivent. [...]. Déterminer les lois qui gouvernent cette répartition, constitue le principal problème en Economie politique. »
Sur le salaire :
« Le travail, ainsi que toutes choses que l’on peut acheter ou vendre, et dont la quantité peut augmenter ou diminuer, a un prix naturel et un prix courant. Le prix naturel du travail est celui qui fournit aux ouvriers, en général, les moyens de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution. Les ressources qu’a l’ouvrier pour subvenir à son entretien et à celui de la famille nécessaire pour maintenir le nombre des travailleurs, ne tiennent pas à la quantité d‘argent qu’il reçoit pour son salaire, mais à la quantité de subsistances et d‘autres objets nécessaires ou utiles dont l’habitude lui a fait un besoin, et qu’il peut acheter avec l‘argent de ses gages. Le prix naturel du travail dépend donc du prix des subsistances et de celui des choses nécessaires ou utiles à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille. Une hausse dans les prix de ces objets fera hausser le prix naturel du travail, lequel baissera par la baisse des prix. »
Sur la relation entre salaires aux profits :
« Une hausse dans les salaires, qui provient d'une altération dans la valeur de la monnaie, produit un effet général sur les prix, mais n'agit pas sur les profits. Au contraire, une hausse des salaires, qui indiquerait qu'une rémunération plus large a été accordée à l'ouvrier ou que les objets de première nécessité sont devenus plus rares, plus coûteux, aurait, en général, pour effet d'abaisser les profits ; dans ce cas, en effet, le pays consacrerait à l'entretien des ouvriers une plus grande somme de travail annuel, ce qui n'arriverait pas dans l'autre. »
« Rien ne peut affecter les profits en-dehors d’une hausse des salaires »
« Si, par l’accroissement du commerce étranger, ou par des perfectionnements dans les machines, on peut fournir aux travailleurs la nourriture et les autres objets de première nécessité à plus bas prix, les profits hausseront. Si, au lieu de récolter du blé chez nous, et de fabriquer nous-même l’habillement et les objets nécessaires pour la consommation de l’ouvrier, nous découvrons un nouveau marché où nous puissions nous procurer ces objets à meilleur compte, les salaires devront baisser et les profits s’accroître. »
Sur les crises économiques :
« Une guerre qui éclate après une longue paix, ou une paix qui succède à une longue guerre, occasionne en général une grande détresse dans le commerce. Ces événements changent considérablement la nature des emplois auxquels les capitaux étaient consacrés auparavant dans chaque pays ; et pendant que s’en opère le nouveau classement, le capital fixe dort, s’anéantit même parfois, et les ouvriers n’ont plus assez de travail. La durée de cette crise sera plus ou moins longue, selon le degré de répugnance que la plupart des hommes éprouvent à quitter le genre d‘industrie dans lequel ils ont pendant longtemps été dans l’habitude d’employer leur capital. »
Lionel ROBBINS (1898-1984)
Sur la science économique :
« L’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif »
Sur les salaires et le chômage :
« En général, on peut affirmer sans se tromper que, si les taux de salaires étaient beaucoup plus flexibles, le chômage se trouverait considérablement diminué (...). Si l'on ne s'était pas obstiné dans l'idée que les taux de salaires ne doivent être réduits à aucun prix, afin de préserver le pouvoir d'achat des consommateurs, la dépression actuelle aurait été beaucoup moins violente et le chômage qui l'accompagne n'aurait pas atteint une telle ampleur »
Paul SAMUELSON (1915-2009)
Sur la science économique :
« L’économique recherche comment les hommes décident, en faisant ou non usage de la monnaie, d’affecter des ressources productives rares à la production à travers le temps de marchandises et services variés et de répartir ceux-ci, à des fins de consommation présente et future, entre les différents individus et collectivités constituant la société »
« En raison de la complexité des comportements humains et sociaux, nous ne saurions espérer rivaliser de précision avec certaines des sciences physiques. Nous ne pouvons nous livrer, comme le chimiste ou le biologiste, à des expériences contrôlées, mais, à l’instar de l’astronome, nous (économiste) devons nous contenter essentiellement "d’observer". Malheureusement, les événements économiques et les données statistiques observées ne sont pas aussi disciplinés et réguliers que les mouvements des corps célestes. Par bonheur, toutefois, il n’est aucunement nécessaire que l’exactitude de nos réponses soit poussée à plusieurs décimales : si nous arrivions seulement à déterminer la véritable direction générale des causes et des effets, nous aurions déjà accompli, ce faisant, un énorme pas en avant. »
Sur la Théorie Générale de Keynes :
« C'est un livre mal écrit, mal construit, et tout profane attiré par la renommée de son auteur se fait escroquer de cinq shillings en achetant cet ouvrage plein de confusion et d’erreurs… Dans la Théorie générale, le système keynésien ne se dégage que de façon floue, comme si son auteur était à peine conscient de son existence et instruit de ses propriétés. Des discours algébriques assommants sont émaillés de vues pénétrantes et d’intuitions profondes. Une définition maladroite donne soudain naissance à un passage inoubliable… Je ne crois pas trahir de secret en disant que personne d’autre à Cambridge (dans le Massachusetts) ne savait de quoi il retournait, douze à dix-huit mois après sa publication. En fait, jusqu’à ce qu’apparaissent les modèles mathématiques de Meade, Lange, Hicks et Harrod, on a tout lieu de croire que Keynes lui-même n’avait pas vraiment compris sa propre analyse. »
Jean-Baptiste SAY (1767-1832)
Sur la théorie de la valeur :
« Il est très vrai que le prix courant d'un produit ne saurait, d'une manière suivie, tomber au-dessous des frais de sa production ; personne alors ne voudrait contribuer à sa création; mais ce ne sont pas les frais que l'on fait pour le produire qui déterminent le prix que le consommateur consent à y mettre : c'est uniquement son utilité; car on aurait beau surmonter d'immenses difficultés pour produire un objet inutile, personne ne consentirait à les payer. »
« La concurrence des producteurs entre eux tend à faire baisser la valeur des produits au niveau de leurs frais de production, qui se composent de la valeur de tous les services productifs qui ont concouru à la création de ce produit. »
« Après avoir montré, autant qu’on peut le faire dans une esquisse aussi rapide, les progrès que l’économie politique doit à Adam Smith, il ne sera peut-être pas inutile d’indiquer aussi sommairement quelques-uns des points sur lesquels il a erré, et de ceux qu’il a laissés à éclaircir. Il attribue au seul travail de l’homme le pouvoir de créer des valeurs. C’est une erreur. Une analyse plus exacte prouve (…) que ces valeurs sont dues à l’action du travail ou plutôt de l’industrie de l’homme, combinée avec l’action des agents que lui fournit la nature et avec celle des capitaux. Smith ne se faisait donc pas une idée complète du phénomène de la production. »
Sur les services productifs :
« Il y a dans la production : des services rendus par les hommes ; on les nomme services industriels ; des services rendus par les capitaux ; on les nomme services capitaux ; et enfin des services rendus par les fonds de terre ; on les nomme services fonciers. (…) Ceux qui fournissent les services industriels se nomment des hommes industrieux, ou plus brièvement des industrieux ; Ceux qui fournissent des capitaux se nomment des capitalistes ; Ceux qui fournissent des terres se nomment des propriétaires fonciers. Tous sont des producteurs. (...) Les capitalistes et les propriétaires me paraissent ne rien produire ? Non pas directement ; mais ils produisent indirectement par le moyen de leur instrument. Sans eux on manquerait de certains services indispensables pour la production. »
Sur le mécanisme général de la production marchande :
« Ceux qui disposent de l’une de ces trois sources de la production sont marchands de cette denrée que nous appelons services productifs ; les consommateurs en sont les acheteurs. Les entrepreneurs d’industrie ne sont, pour ainsi dire, que des intermédiaires qui réclament les services productifs nécessaires pour tel produit en proportion de la demande qu’on fait de ce produit. Le cultivateur, le manufacturier et le négociant comparent perpétuellement le prix que le consommateur veut et peut mettre à telle ou telle marchandise, avec les frais qui seront nécessaires pour qu’elle soit produites ; s’ils en décident la production, ils établissent une demande de tous les services productifs qui devront y concourir, et fournissent ainsi une des bases de la valeur de ces services. D’un autre côté, les agents de la production, hommes et choses, terres, capitaux et gens industrieux, s’offrent plus ou moins (…) et forment ainsi l’autre base de la valeur qui s’établit pour ces mêmes services. »
Sur les débouchés (« loi de Say ») :
« Il est bon de remarquer qu’un produit créé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres produits pour tout le montant de sa valeur. »
« En effet, lorsque le dernier producteur a terminé un produit, son plus grand désir est de le vendre, pour que la valeur de ce produit ne chôme pas entre ses mains. Mais il n’est pas moins empressé de se défaire de l’argent que procure sa vente, pour que la valeur de l’argent ne chôme pas non plus. »
« Cela étant ainsi, d'où vient, demandera-t-on, cette quantité de Marchandises qui, à certaines époques, encombrent la circulation, sans pouvoir trouver d'acheteurs ? Pourquoi ces marchandises ne s'achètent-elles pas les unes les autres ? Je répondrai que des marchandises qui ne se vendent pas, ou qui se vendent à perte, excèdent la somme des besoins qu'on a de ces marchandises, soit parce qu'on en a produit des quantités trop considérables, soit plutôt parce que d'autres productions ont souffert. Certains produits surabondent, parce que d'autres sont venus à manquer (… ) Aussi l'on peut remarquer que les temps où certaines denrées ne se vendent pas bien sont précisément ceux où d'autres denrées montent à des prix excessifs »
« Et comme ces prix élevés seraient des motifs pour en favoriser la production, il faut que des causes majeures ou des moyens violents, comme des désastres naturels ou politiques, l'avidité ou l'impéritie des gouvernements, maintiennent forcément d'un côté cette pénurie, qui cause un engorgement de l'autre. Cette cause de maladie politique vient-elle à cesser, les moyens de production se portent vers les routes où la production est demeurée en arrière ; en avançant dans ces voies-là, elle favorise l'avancement de la production dans toutes les autres. Un genre de production devancerait rarement les autres, et ses produits seraient rarement avilis, si tous étaient toujours laissés à leur entière liberté. »
Sur le rôle de la monnaie :
« Lors donc qu'on dit : La vente ne va pas, parce que l'argent est rare, on prend le moyen pour la cause; on commet une erreur qui provient de ce que presque tous les produits se résolvent en argent avant de s'échanger contre d'autres marchandises, et de ce qu'une marchandise qui se montre si souvent parait au vulgaire être la marchandise par excellence, le terme de toutes les transactions dont elle n'est que l'intermédiaire. On ne devrait pas dire : La vente ne va pas, parce que l'argent est rare, mais parce que les autres produits le sont. Il y a toujours assez d'argent pour servir à la circulation et à l'échange réciproque des autres valeurs, lorsque ces valeurs existent réellement. »
Jean de SISMONDI (1773-1842)
Sur les débouchés (« loi de Say ») :
« L’erreur de ceux qui excitent à une production illimitée vient de ce qu’ils ont confondu ce revenu passé avec le revenu futur. (…) On ne fait jamais, après tout, qu’échanger la totalité de la production de l’année contre la totalité de la production de l’année précédente. Or, si la production croît graduellement, l’échange de chaque année doit causer une petite perte (…) »
Adam SMITH (1723-1790)
Sur la division du travail :
« Cette division du travail, de laquelle découlent tant d'avantages, ne doit pas être regardée dans son origine comme l'effet d'une sagesse humaine qui ait prévu et qui ait eu pour but cette opulence générale qui en est le résultat, elle est la conséquence nécessaire, quoique lente et graduelle, d'un certain penchant naturel à tous les hommes, qui ne se proposent pas des vues d'utilité aussi étendues : c'est le penchant qui les porte à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d'une chose pour une autre. »
Sur la théorie de la valeur :
« Il faut observer que le mot valeur a deux significations différentes; quelquefois il signifie l'utilité d'un objet particulier, et quelquefois il signifie la faculté que donne la possession de cet objet d'en acheter d'autres marchandises. On peut appeler l'une, Valeur en usage, et l'autre, Valeur en échange. Des choses qui ont la plus grande valeur en usage n'ont souvent que peu ou point de valeur en échange; et, au contraire, celles qui ont la plus grande valeur en échange n'ont souvent que peu ou point de valeur en usage. Il n'y a rien de plus utile que l'eau, mais elle ne peut presque rien acheter; à peine y a-t-il moyen de rien avoir en échange. Un diamant, au contraire, n'a presque aucune valeur quant à l'usage, mais on trouvera fréquemment à l'échanger contre une très-grande quantité d'autres marchandises. »
« Il paraît donc évident que le travail est la seule mesure universelle, aussi bien que la seule exacte, des valeurs, le seul étalon qui puisse nous servir à comparer les valeurs de différentes marchandises à toutes les époques et dans tous les lieux. »
Sur la théorie de la valeur et de la répartition :
« De même que le prix ou la valeur échangeable de chaque marchandise prise séparément, se résout en l'une ou l'autre de ces parties constituantes ou en toutes trois; de même le prix de toutes les marchandises qui composent la somme totale du produit annuel de chaque pays, prises collectivement et en masse, se résout nécessairement en ces mêmes trois parties, et doit se distribuer entre les différents habitants du pays, soit comme salaire de leur travail, soit comme profit de leurs capitaux, soit comme rente de leurs terres. La masse totale de ce que chaque société recueille ou produit annuellement par son travail, ou, ce qui revient au même, le prix entier de cette masse, est primitivement distribuée de cette manière entre les différents membres de la société. »
« La masse totale du produit annuel de la terre et du travail d'un pays, on, ce qui revient, au même, la somme totale du prix de ce produit annuel, se divise naturellement, comme on l'a déjà observé, en trois parties : la Rente de la terre, les Salaires du travail et les Profits des capitaux, et elle constitue un revenu à trois différentes classes du peuple : à ceux qui vivent de rentes, à ceux qui vivent de salaires et à ceux qui vivent de profits. Ces trois grandes classes sont les classes primitives et constituantes de toute société civilisée, du revenu desquelles toute autre classe tire en dernier résultat le sien. »
Sur la nature du profit :
« Les Profits, dira-t-on peut-être, ne sont autre chose qu'un nom différent donné aux salaires d'une espèce particulière de travail, le travail d'inspection et de direction. Ils sont cependant d'une nature absolument différente des salaires; ils se règlent sur des principes entièrement différents, et ne sont nullement en rapport avec la quantité et la nature de ce prétendu travail d'inspection et de direction. Ils se règlent en entier sur la valeur du capital employé, et ils sont plus ou moins forts, à proportion de l'étendue de ce capital. »
Sur l'épargne et l'accumulation du capital :
« Si la valeur échangeable du produit annuel excède celle de la consommation annuelle, le capital doit nécvessairement grossir annuellement en proportion de cet excédent. Dans ce cas la société vit sur ses revenus, et ce qu'elle en épargne annuellement s'ajoute à son capital, et s'emploie de manière à faire naître encore un nouveau surcroît dans le produit annuel »
Mark TWAIN
Sur le système du crédit :
« Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait beau et vous le rend quand il fait pleut. »
Léon WALRAS (1834-1910)
Sur la valeur et le statut de la science économique :
« Le blé vaut 24 F l’hectolitre. Remarquons d’abord que ce fait a la valeur d’un fait naturel. Cette valeur du blé en argent, ou ce prix du blé, ne résulte ni de la volonté du vendeur, ni de la volonté de l’acheteur, ni d’un accord entre les deux... Le fait de la valeur d’échange prend donc, une fois établi, le caractère d’un fait naturel, naturel dans son origine, naturel dans sa manifestation et sa manière d’être. »
« La valeur d’échange est une grandeur. Elle relève des mathématiques. Donc, l’économie politique pure, ou la théorie de la valeur d’échange et de l’échange... est, comme la mécanique, comme l’hydraulique une science physico-mathématique »
Sur l'utilité marginale :
« la dérivée de l’utilité effective par rapport à la quantité possédée, exactement comme on définit la vitesse : la dérivée de l’espace parcouru par rapport au temps employé à le parcourir »
« Plus on mange moins on a faim. »
Sur les revendications salariales :
« Les travailleurs ne doivent pas s’insurger contre la baisse du salaire résultant de la réduction de la demande de travail ; ils doivent, dès qu’elle commence à se manifester, y remédier en se portant vers les industries où se produit une hausse par la suite de l’extension de la demande de travail. »